
Lors des mes études au collège, l’adhésion au Cercles des
Jeunes Naturalistes (CJN) faisait de l’astronomie un passage obligé parmi les
sciences naturelles. Évidemment,
l’observation des étoiles s’alliait mal aux diverses disciplines touchant les
êtres vivants, dont les oiseaux qui furent ma passion dès l’adolescence. Mais le virus de l’astronomie s’est infiltré
dans mon organisme. Après des études en biologie à l’Université de Montréal et
une Maîtrise en Physiologie animale, ma vie professionnelle m’a amené à œuvrer
durant près de 30 ans pour le Service Canadien de la Faune sur divers projets
relatifs aux oiseaux.
C’est parmi mes collègues de travail que j’ai trouvé mon
premier mentor en la personne de Gilles Chapdelaine qui pratiquait l’astronomie amateur
depuis plusieurs années. Les fréquentes
discussions autour de l’observation du ciel ont non seulement alimenté les
pauses café au travail, mais aussi réveillé en moi ce virus qui était demeuré
latent.
Dès lors, à l’aide d’un vieux guide du ciel datant de mon
adolescence et d’équipement conçu pour l’observation des oiseaux, je tente de
faire mes premières observations dans la voûte céleste. Après une expérience malheureuse lors d’une
de ces séances d’observation, mon épouse
et mon mentor me persuadent de faire l’acquisition d’un équipement adapté à
l’astronomie amateur et Gilles
Chapdelaine me montre la page publicitaire de la compagnie MEADE du
Sky & Telescope d’août 1991 qui présente une offre « incroyable »
d’un Schmitt-Cassgrain 8’’ f/10 Meade
2080 avec en prime deux oculaires deux pouces. Le mois suivant MEADE annonçait
en grande pompe sa série LX.
La première entrée dans mon calepin de notes d’observation
date du 8 septembre 1991, quelques semaines après avoir passé la commande; la
première observation effectuée avec le Meade 2080 date du 8 octobre 1991. On y lit que le montage du télescope m’a pris
1 heure 36 minutes et que j’ai mis 46 minutes pour faire l’alignement polaire. Comme j’étais mobile à l’époque, je suis
devenu, pour certains, un spécialiste de l'étoile polaire.
Ma première visite au site du COAMND remonte au 16 décembre
1993………..Brr….Voulez-vous me dire ce que je faisais là par un temps pareil
? J’y était invité par Gilles Chapdelaine
qui avait construit son observatoire l’été précédent. Fréquentant à l’occasion le site sur
invitation de Gilles
Chapdelaine et de Denis Martel, j’ai conçu le projet d’une
installation permanente. À l’été 1994,
j’ai fait une demande officielle d’adhésion au COAMND, demande acceptée le 9
septembre 1994. Après l’acquisition d’une plate-forme et d’une colonne déjà
construites par Denis Martel,
la construction de l’observatoire a débuté le lundi matin 12 septembre suivant;
cinq jours plus tard, le premier tour de clef marquait la fin de cette étape.
La mise au point finale de la colonne, grâce à l’ingéniosité de Clermont
Vallière, m’a permis de réaliser ma première observation à partir de cet
observatoire le 13 octobre suivant.
Depuis ce temps, je profite de ce « petit monastère » pour
admirer et étudier les merveilles de l’univers.
En 2005, grâce à une subvention paternelle, j’ai remplacé le
bon vieux 8’’ Meade 2080 par un Schmit-Cassegrain Meade 14’’ et une lunette
Televue 4’’ NP 101, le tout installé sur une monture Titan de Losmandy. Une année plus tard, après avoir expérimenté
l’astrophotographie avec une Nikon CoolPix 995, je suis passé en mode ccd avec
une SBIG ST-402 ME.
Mon intérêt pour l’astronomie amateur s’est graduellement
développé au cours des dernières années.
Au début, j’ai observé des constellations et leurs principales étoiles
ainsi que les objets du catalogue Messier, dont l’observation a été complété en
décembre 1994. Dans le monde des
étoiles, les étoiles doubles, dont je voulais éventuellement mesurer le
déplacement, ont retenu mon attention.
Au fur et à mesure que les années passent, les intérêts se diversifient
et s'approfondissent.
Stimulé par mes collègues Jean-François Viens
et Serge Légaré,
j'entreprends la "course" aux astéroïdes. Et puis, les comètes m'ont toujours fasciné......Régulièrement,
je pars à la chasse de ces "chats" du ciel, en tentant de les suivre
le plus longtemps possible avec le détecteur ccd. Après avoir acquis un peu d'expérience en
photométrie et astrométrie, j'effectue mes premières mesures régulières sur ces
objets et tente d'en suivre l'évolution.
Puis, ce fut un essai en spectrométrie.......Au début, un
simple réseau inséré entre le ccd et le télescope me permettent de me
familiariser avec la théorie et les aspects techniques. Des projets de construction d'un
spectrographe sont toujours en cours.
En 2009, je fais
l'acquisition d'un kit RadioJove et me voilà plongé dans l'univers de la
radioastronomie......Les difficultés techniques et l'assimilation des aspects
théoriques sont loin de faire bon ménage avec ma formation de
biologiste.... mais cela stimule quand
même la curiosité.... Un système
d'antenne dipôle avec récepteur est installé sur le site, puis avec la collaboration
de Clermont Vallière, un second est installé à Ste-Catherine de la Jacques-Cartier. Après plusieurs échecs et
faux espoirs, on capte avec succès des signaux de Jupiter. Maintenant, grâce à
la patience et à l'ingéniosité des deux comparses et à l'opération permanente
de l'antenne de Ste-Catherine-de-la Jacques Cartier, les signaux sont enregistrés en continu
depuis juillet 2010 et peuvent même être suivis en direct sur le Web. Stimulés
par ces succès, on acquiert une antenne parabolique de 3,3 mètres pour une
bouteille de Muscadet et on l’installe temporairement à Ste-Catherine-de-la-Jacques-Cartier. Les aspects électroniques, logistiques et
théoriques deviennent de plus en plus complexes et ralentissent les
progrès..........mais la persévérance et la curiosité se maintiennent......
En 2007,
l'assemblée annuelle du COAMND me choisit comme
président. Lourde responsabilité, qui
est cependant allégée par l'esprit corporatif du COMAND et l'intelligence
collective du groupe.
Malgré tous ces aspects techniques et un équipement de plus
en plus spécialisé, je retrouve toujours
avec plaisir « l'art de l'observation visuelle », installé au beau
milieu d'une nuit de nouvelle lune, derrière un oculaire, à faire du
« star hopping » à la
recherche d'une galaxie, d'une comète ou d'un astéroïde placé là dans le ciel
pour notre plus grand émerveillement.
Pierre
Laporte