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Protégeons la beauté du ciel nocturne - Cette lumière qui salit le ciel

Si la Voie lactée et la plupart des étoiles ne sont plus visibles dans les villes, il n'en a évidemment pas toujours été ainsi. Au tout début du vingtième siècle, nos grands-parents n'avaient qu'à lever les yeux au ciel et la voûte étoilée leur apparaissait dans toute sa plendeur.

Même les habitants de Montréal pouvaient clairement voir le ciel à cette époque, et ce, dans la plupart des quartiers.

Pour assurer leur sécurité, les humains, n'étant pas nantis d'une vision de félin, éprouvent le besoin de bien voir. Depuis le début de l'ère de l'industrialisation, qui coïncide avec la généralisation de l'électricité et du moteur à explosion, ils ont donc commencé à répandre l'éclairage artificiel un peu partout et pour toutes sortes de raisons, la première étant de bien voir quand on circule la nuit.

Se sont ensuite ajoutés d'autres motifs : mettre en valeur la façade des beaux édifices, attirer l'œil des passants sur les commerces, etc. La liste est longue. Tout ceci s'est fait d'une façon plus ou moins anarchique. Des édifices ont été construits en hauteur, et on a décidé d'en laisser toutes les lumières de tous les étages allumées toute la nuit, question de souligner leur présence, et de faire étalage de richesse et de prospérité, reliquat de la période faste du début du siècle où on s'inquiétait peu du coût des choses et de leur impact à long terme. Autant à la campagne qu'à la ville, on pense être bien protégé en faisant usage d'un éclairage excessif.

Puis, comme un espèce de corollaire s'est répandue une étrange croyance : il en coûterait plus cher en énergie d'éteindre toutes les lumières la nuit que de les rallumer au besoin. Bizarre…

Issue des diverses formes d'éclairage des agglomérations humaines, cette lumière diffuse dans les poussières en suspension, dans la vapeur d'eau et dans l'air qui enveloppe la planète, produit une lueur générale qui estompe le ciel nocturne. On peut voir de très loin ce halo lumineux qui semble suspendu au-dessus des villes et villages. C'est ça, la pollution lumineuse.

Pollution lumineuse et équilibre naturel

Il y a longtemps qu'on se préoccupe des phénomènes de la pollution de l'eau et de l'air. Bien sûr, la pollution lumineuse est difficile à évaluer. Elle peut sembler moins dangereuse, mais elle est intimement liée aux autres formes de pollution. La lumière artificielle dérègle la vie des arbres, des végétaux en général et les rend plus vulnérables aux maladies, aux insectes. Il ne peut être question de système écologique "stable" lorsqu'on supprime les heures de noirceur de la nuit, de vraie nuit, si essentielles à l'équilibre des espèces vivantes.

Certains animaux, notamment les rapaces nocturnes (hiboux, chouettes, etc.) et les chauves-souris, sont des chasseurs de nuit, et leur territoire de chasse rétrécit sans cesse. Cela conduit à un déséquilibre des espèces.

Pollution lumineuse et chimique

Si la combustion de pétrole rejette du gaz carbonique dans l'air et contribue à l'effet de serre, et si les centrales nucléaires produisent des déchets radioactifs, la disposition d'ampoules usagées renfermant des métaux toxiques (le mercure, par exemple) contribue à la pollution chimique.

Dômes de lumière au-dessus des villes et municipalités

La lumière émise par les divers éclairages extérieurs est diffusée par les molécules d'air et de vapeur d'eau de l'atmosphère. Cela se traduit par une lueur générale qui masque la noirceur du ciel nocturne. Dès qu'on s'éloigne des grands centres, on aperçoit ici et là au-dessus de l'horizon des dômes lumineux indiquant la présence de villes et villages.

La simple vue de ces dômes de lumière au-dessus des villes nous amène à une constatation incontournable : une fabuleuse quantité d'énergie ne sert qu'à éclairer le ciel. En ces temps de récession économique surtout, il serait urgent de songer à remédier à la situation.

Le gaspillage d'énergie

Certains types de lampadaires, les globes lumineux en particulier, sont d'importants pollueurs. Il est facile de constater que vingt-cinq à cinquante pour cent de la lumière émise par ces lampadaires de type "boule" est perdue et ne sert qu'à éclairer le ciel. Par contre, munie d'une calotte réflectrice en aluminium, cette même boule améliore sensiblement l'éclairage au sol tout en minimisant la pollution lumineuse.

Il est grand temps de remplacer progressivement les installations polluantes et gaspilleuses d'énergie, surtout celles à éclairage dirigé vers le haut.

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